Mamzelle Dimanche

Hélène a le sens de la formule et le design qui pète au coin de l’oeil. Deux beaux yeux verts qui savent ramasser toutes les branches d’un concept sur une petite étiquette siglée d’une épingle à nourrice et d’un MamZelle Dimanche qui nous met le coeur en fête. Dimanche, parce que c’est son nom, un nom béni qui lui colle parfaitement à la bobine et dont elle fait le meilleur usage, et Mamzelle, parce qu’elle habille demoiselles et damoiseaux de 0 à 5 ans.

En deux ans et demi d’existence, sa marque a conquis les parents granos de bébés portés et couche-lavablés. Tout a commencé après une visite au CLSC avec son bébé tout neuf emmitouflé dans une kalounette zébrée tout droit sortie de ses insomnies de grossesse. Hélène s’est fait des amies, et ses premières clientes. Et puis tout s’est enchaîné : elle a fait une percée fulgurante sur le petit marché des designers québécois pour enfants avec son pantalon évolutif, depuis beaucoup imité mais jamais égalé. pantalonsParce que la touche Mam’zelle Dimanche, elle l’a dans le sang, Hélène, et tant qu’elle fera vibrer ses aiguilles et jaser ses tissus assemblés en de festifs patchwork, on en reconnaîtra de loin les pâles copies pour pouvoir les bouder. Les commandes affluant, y compris de boutiques locales, elle a pris la chose au sérieux et a quitté l’équipe du festival Nuits d’Afrique où elle a affûté quelques années ses talents de graphiste et de communicante pour plonger tête la première dans l’aventure.

Hélène est douée, si le terme est encore autorisé dans le relativisme ambiant. Elle bidouillait déjà ses propres vêtements avant de quitter la France pour le Québec il y a 8 ans. Absorbée par le trépidant monde du spectacle, elle a mis ses talents manuels en veille jusqu’à ce que la maternité les réveille. unnamedElle est allée se chercher des formations complémentaires avec la subvention SAJE pour jeunes entrepreneurs qu’elle a décrochée avec brio, et puis entre deux naissances, un aller-retour en France de six mois qui l’a bien brassée et énormément de travail pour passer de l’artisanal au commercial sans trahir son éthique de proximité et d’originalité, elle a affermi sa vocation en s’associant à une jeune couturière talentueuse, Manon. Depuis, les deux filles n’arrêtent pas, travaillent jour et nuit avec excitation et persévérance à honorer leurs commandes à flux tendus, à courir les marchés et à mettre sur pied une vraie collection.

Le métier de mère l’a aiguillée vers les bons modèles : dans le chaos de l’arrivée d’un minus dans notre vie, on aime se la faciliter et ne pas se battre avec d’absurdes imitations de jeans taille 6 mois dont le bouton rajoute quelques bourrelets à la chair de notre chair en position assise, ni avoir à renouveler toute la garde-robe du rejeton tous les trois mois. 1797706_origPratique, coloré, durable, souvent recyclé, avec une astuce qui plaît autant aux enfants qu’aux parents: voilà les critères de conception. Le sarouel durable était né, suivi de près par la robe et la veste réversibles.

Ses inspirations? Ses deux filles, d’abord, Alice et Mila, qui en grandissant lui révèlent de nouveaux besoins et désirs auxquels accéder, absolument, sous peine d’ensevelissement vestimentaire ou de bacon pénible. L’Afrique ensuite, dont elle chérit les couleurs, et nous aussi, sur ses créations. Et puis tout ce dense ballet d’idées qui ne cesse jamais dans la tête d’Hélène, qui élabore une palpitante chasse aux trésors pour la fin de semaine prochaine en terminant le prototype ultra secret d’un item de sa prochaine collection dans son sous-sol plein à craquer de gamins, de chutes bariolées, de coloc symbiotique extraordinaire et de toute une troupe d’amis en vadrouille. Hélène est généreuse, ça crève les yeux au moins autant que la qualité et l’originalité de son trousseau. On veut les mêmes! N’y pense pas, me dit-elle, trop de travail, lorsque je serai assise sur un fauteuil en or, peut-être…Alors on prend notre mal en patience en bavant d’envie devant la jupe Kitourne avec poche pour cailloux et les pantalons qui nous crient leur confort en pleine face. Et on parle de Mamzelle Dimanche, parce qu’on le veut, notre sarouel à nous.

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