Nouveau Projet & Cie

Atelier 10 accomplit un tour de force. Ils sont quatre, et ils viennent à bout d’une quantité monstrueuse de tâches sans virer fous – c’est en tout cas l’impression que j’en ai eue, mais je peux imaginer que les neurones leur frisent en période de bouclage. Atelier 10 édite Nouveau Projet, un magazine assez consistant pour nourrir mes neurones pendant quelques semaines mais suffisamment dégraissé pour ne pas les polluer avec du contenu lénifiant, publie à haute cadence des livres qui dépassent pour la plupart les 5000 exemplaires vendus (seuil du bestseller au Québec), propose des baladodiffusions et accepte en sous-traitants la production de quatre magazines et d’autres commandes en édition. Continuer la lecture de Nouveau Projet & Cie

Chasseur de perles

Il y a des rencontres décisives. Bien plus tard, on prend la mesure du tour qu’elles ont imprimé à nos vies, et on reconnaît le moment, et la personne. On se rappelle longtemps et avec gratitude ce prof qui a cru en nous, qui a extirpé un talent ignoré de la médiocrité dont on était presque arrivé à se convaincre, qui a souligné la beauté dans la longue et ingrate traversée adolescente. Continuer la lecture de Chasseur de perles

Faut qu’on se parle

La cuisine, chez nous, ce n’est pas seulement l’endroit où on prépare la nourriture, c’est aussi un salon, une salle à manger, un cabinet de travail et une tribune. […] Des idées et des projets fantastiques naissaient dans ces cuisines!  Svetlana Alexiévitch, la fin de l’homme rouge

Gabriel Nadeau-Dubois et son équipe (Jean-Martin Aussant, Maïtée Labrecque-Saganash, Claire Bolduc, Alain Vadeboncoeur, et tous les autres) ne se sont pas trompés en allant rencontrer le peuple dans sa cuisine. La cuisine québécoise n’a pas de micros cachés ni de bocaux d’oignons sur le bord de fenêtre, mais elle a de commun avec la soviétique de virer, certains matins de la fin de semaine, franchement communautaire. On la réinvestit lorsqu’à la trentaine, on fonde famille, et que le brunch entre amis devient le cadre inévitable de notre sociabilité parsemée de petits bas et de miettes à terre. Continuer la lecture de Faut qu’on se parle

Lucila et le manifeste pour la neuro-diversité

« Les causes que l’on se donne nous accrochent à la vie », et Lucila y semble aujourd’hui bien arrimée, alors qu’adolescente au Pérou elle en avait frôlé les limites. De la côte Pacifique à l’île de Montréal, Lucila a fait du chemin. Brillante enfant solitaire et silencieuse, empruntée dans ses relations avec les autres et tourmentée par ses émotions qu’elle ne décode pas, elle brise la spirale mortifère de l’anorexie mentale et choisit de foncer dans le monde intellectuel qu’elle perçoit comme rassurant et plus fiable que le terrain mouvant des relations humaines. Continuer la lecture de Lucila et le manifeste pour la neuro-diversité

Mamzelle Dimanche

Hélène a le sens de la formule et le design qui pète au coin de l’oeil. Deux beaux yeux verts qui savent ramasser toutes les branches d’un concept sur une petite étiquette siglée d’une épingle à nourrice et d’un MamZelle Dimanche qui nous met le coeur en fête. Dimanche, parce que c’est son nom, un nom béni qui lui colle parfaitement à la bobine et dont elle fait le meilleur usage, et Mamzelle, parce qu’elle habille demoiselles et damoiseaux de 0 à 5 ans. Continuer la lecture de Mamzelle Dimanche

Frip

Quand il faut tailler une place sur-mesure dans la société à ceux qui y ont droit mais qu’on aime contenir dans ses marges, Dorian se retrousse les manches et se frotte les mains. Après l‘Itinéraire et les sans-abris, les Compagnons de Montréal et la déficience intellectuelle. Dorian aime rendre glamour les causes boudées. Continuer la lecture de Frip

Demain

Demain ne pouvait pas échapper à mon escarcelle : c’est Altermontréal à l’échelle mondiale, porté sur les écrans. C’est maintenant au cinéma Beaubien et il faut courir acheter son billet d’avance sous peine de ne pas rentrer, à en juger par les interminables files d’attente tous les soirs, même avec des horaires aussi inadéquats que ceux adoptés par le cinéma (18h45 ou 21h30, franchement!). Bon, il faut supporter les roucoulements d’approbation du troisième âge, mais je les préfère au crépitement du pop corn, alors allons, allez! Continuer la lecture de Demain

Le frigo des ratons de Rosemont

On a retenu notre souffle : le maintenant très populaire frigo des ratons de Rosemont allait-il finir sa courte vie dans d’obscures trappes juridiques? Patrick Bodnar, fondateur du projet, a soulagé son auditoire de deux mille abonnés dimanche dernier en annonçant son déménagement. Le frigo de ruelle est mort, vive le frigo de rue – en attendant une probable nouvelle délocalisation, les pourparlers avec la mairie se font justement en direct, au téléphone, alors que je me rends sur les lieux rencontrer l’instigateur de ce beau bazar. Continuer la lecture de Le frigo des ratons de Rosemont

Syrie

Encore un article enragé d’impuissance. J’aurais pu reprendre Palestine en lui donnant le nom de son voisin, sans changer d’un pouce son contenu. Mes mots sont tellement vains, mais mon silence serait coupable d’indifférence. La Syrie, gouffre sans fond de notre désengagement. Alors que le dernier pédiatre d’Alep vient de mourir dans les décombres de son hôpital, un mois avant de rejoindre sa famille réfugiée en Turquie, il est urgent de prendre deux minutes dans notre journée pour signer cette pétition d’Amnesty demandant l’arrêt des bombardements des hôpitaux. Continuer la lecture de Syrie

Solon

La grande murale avec la girafe à l’envers et son chapiteau de cirque donnant sur Beaubien, entre Chabot et de Bordeaux? C’est là. Un attroupement au milieu de la ruelle, la presse caméra et bloc-notes au poing, le maire d’arrondissement François Croteau toujours swaggé, et un grand soleil.

Nous sommes mercredi 20 avril, c’est (enfin) le printemps, et avec les crocus et les bedaines bourgeonnent les bonnes nouvelles : Rosemont-Petite Patrie, toujours partant pour les projets verts, humains et audacieux, apportera sa caution morale et financière au collectif Solon1 pour lancer leur étude de faisabilité à 100 000$. Continuer la lecture de Solon